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Le consentement dans le couple : un sujet qu'on croit connaître

  • 19 août
  • 4 min de lecture

On imagine souvent que le consentement est une question simple. Pourtant, dans la vie de couple, il est probablement l'un des sujets les plus complexes et les plus mal compris. Parce qu'il existe de l'amour, une vie commune, des habitudes ou des enfants, certains pensent que le consentement va de soi. En réalité, il doit être présent à chaque relation intime, quelles que soient la durée de la relation ou l'intensité des sentiments.

De nombreuses femmes vivent une réalité dont elles parlent peu. Elles aiment leur conjoint, tiennent à leur couple, mais se retrouvent parfois à accepter des rapports sexuels sans en avoir réellement envie. Non pas parce qu'elles le désirent, mais parce qu'elles souhaitent éviter une dispute, des reproches, une ambiance pesante ou simplement "avoir la paix". Certaines décrivent même cette sensation douloureuse avec une expression bien connue : "passer à la casserole".

Cette réalité mérite d'être entendue sans jugement.


Deux tasses en céramique posées sur une table en bois rustique. L'une contient du café chaud d'où s'échappe de la vapeur.

Le désir ne fonctionne pas toujours de la même manière

Tous les hommes et toutes les femmes sont différents. Il n'existe pas de règle universelle. Cependant, de nombreuses études montrent que le désir sexuel est influencé par des facteurs biologiques, psychologiques, émotionnels et relationnels.

Les hormones jouent notamment un rôle important. Chez beaucoup de femmes, le désir évolue au fil du cycle menstruel, de la grossesse, du post-partum, de l'allaitement ou encore de la périménopause et de la ménopause. La fatigue, la charge mentale, le stress professionnel, les responsabilités familiales ou certaines maladies peuvent également diminuer l'envie.

Chez beaucoup d'hommes, le désir peut être plus spontané et plus fréquent, notamment sous l'influence de la testostérone. Cela ne signifie pas que tous les hommes ont toujours envie ni que toutes les femmes ont peu de désir. Il s'agit simplement de tendances observées qui ne concernent pas chaque individu.

Le problème apparaît lorsque chacun pense que son propre fonctionnement est "normal" et que celui de l'autre est incompréhensible.


Beaucoup de femmes ont besoin de se sentir désirées

Le désir féminin est souvent plus contextuel.

Pour de nombreuses femmes, l'intimité commence bien avant la chambre. Un regard, des compliments sincères, des gestes tendres, des attentions, des caresses, des échanges affectueux ou des préliminaires peuvent être essentiels pour que l'envie naisse progressivement.

Lorsque ces étapes disparaissent au profit d'une approche très directe, certaines femmes ressentent une profonde frustration. Elles peuvent avoir le sentiment que leur partenaire ne cherche pas à les séduire, mais uniquement à obtenir un rapport sexuel.

Dans certains couples, cette impression devient douloureuse.

Certaines femmes expliquent qu'elles ont parfois la sensation que leur conjoint cherche davantage un soulagement physique qu'un véritable moment de partage. Elles décrivent le sentiment d'être considérées comme un moyen de satisfaire un besoin technique plutôt que comme une partenaire pleinement désirée.

Cette perception n'est pas forcément l'intention du conjoint. Mais lorsqu'elle s'installe, elle peut fragiliser durablement la relation.


Se laisser faire n'est pas forcément consentir

C'est probablement l'un des points les plus importants.

Le consentement ne consiste pas uniquement à ne pas dire "non". Il suppose une participation libre, volontaire et sans pression.

Certaines femmes finissent par accepter des rapports pour éviter des remarques, des soupirs, des conflits ou des demandes répétées.

Elles pensent parfois :

  • "Comme ça, ce sera fait."

  • "Sinon il va être de mauvaise humeur."

  • "Je préfère céder plutôt que de subir des reproches."

  • "J'espère qu'il ira vite."

Dans ces situations, elles peuvent rester immobiles, attendre que cela se termine et ressentir ensuite de la tristesse, du dégoût ou de la culpabilité.

Le fait d'être mariés, pacsés ou en couple depuis vingt ans ne retire jamais la nécessité d'obtenir un consentement libre. Chaque personne conserve le droit d'avoir envie... ou de ne pas avoir envie.


La répétition des demandes peut devenir une pression

Un refus ponctuel est normal dans une relation.

En revanche, lorsque le partenaire insiste, négocie, culpabilise ou recommence sans cesse jusqu'à obtenir un "oui" d'épuisement, le consentement devient beaucoup plus difficile à considérer comme réellement libre.

Des phrases comme :

  • "Tu ne m'aimes plus."

  • "Ça fait longtemps."

  • "Tu pourrais faire un effort."

  • "Tu me dois bien ça."

peuvent exercer une pression psychologique importante.

À force, certaines femmes ne disent plus non. Elles disent oui pour que cela cesse.


Le dialogue reste la meilleure protection du couple

Les différences de libido ne signifient pas que le couple est condamné.

Au contraire, elles peuvent être l'occasion d'apprendre à mieux se comprendre.

Exprimer ses besoins, parler de son ressenti, expliquer ce qui fait naître le désir ou ce qui l'éteint permet souvent d'éviter les malentendus.

Le partenaire qui a davantage de désir n'est pas forcément égoïste. Celui ou celle qui en a moins n'est pas forcément indifférent ou amoureux "à moitié". Les rythmes sont parfois simplement différents.

L'objectif n'est pas que l'un gagne contre l'autre, mais que chacun se sente respecté.


Un rapport intime doit rester une envie partagée

La sexualité n'est pas une obligation conjugale.

Elle est censée être un espace de confiance, de plaisir, de tendresse et de respect mutuel.

Lorsqu'une personne a régulièrement le sentiment de subir plutôt que de choisir, il est important d'en parler. Avec son partenaire si le dialogue est possible, ou avec un professionnel de santé, un thérapeute de couple ou une association spécialisée lorsque la situation devient difficile.

Le consentement ne disparaît jamais parce qu'on partage le même lit.

Il ne s'use pas avec les années.

Et il ne devrait jamais être remplacé par la résignation.

Parce qu'une relation épanouie ne se construit pas sur le devoir, mais sur une envie librement partagée, où chacun se sent écouté, respecté et pleinement considéré.

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